La Famille de ma Vie

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Burnout, moi? Ben non! Je suis en épuisement professionnel. Pourtant ce sont deux termes pour désigner le même état. Par contre, pour moi, ça n’éveillait pas les mêmes préjugés. Le Burnout résonnait comme «être brûlée», comme dans ne plus être bonne pour le développement des affaires. C’est comme si on allait dire de moi que je n’étais plus à la hauteur et que mon travail était trop exigeant pour moi. Être en burnout, ça me donnait l’impression que mon nom allait être barré, comme dans elle ne sera jamais capable de reprendre son poste. Vous avez déjà eu des pensées de ce genre sur vous ou sur quelqu’un de votre entourage qui a vécu ça ? Ouf! Le burnout pour moi c’était rempli de préjugés de ce genre. Par contre, l’épuisement professionnel m’évoquait davantage de croyances à l’effet que c’était un épisode temporaire de fatigue passagère. Que ce n’était pas si grave. Qu’il suffisait de prendre le temps de s’arrêter pour se remettre sur pied. Je vous avoue que le «Burnout» ou «l’épuisement professionnel» c’est étourdissant, absurde et dévastateur. Je vous dirais surtout qu’on s’en sort, oui on s’en sort en se déposant. Durant mon arrêt, j’étais bien entourée. On m’a sorti, écouté, tendu les bras et questionné. La question qui revenait souvent c’était : Comment tu te sens? Qu’est-ce qui s’est passé pour que tu réalises que tu en étais là? J’ai répondue; «Épuisée, j’étais tellement épuisée. C’est comme avoir l’impression de manquer le train et de rester plantée là sans trop savoir quoi faire, impuissante et déconnectée ». Voici ce que j’ai écrit lorsque j’étais en plein coeur de mon épisode d’épuisement professionnel.

Le récit d’un petit bout de ma vie: J’étais épuisée, tellement épuisée que j’en ai manqué le train les pieds collés au quai d’embarquement.

Épuisée, je suis restée les pieds collés au quai

Épuisée, je suis restée les pieds collés au quai

Je suis restée longtemps sur le quai de la gare, déconnectée. Je savais que je devais prendre le train. Je ne savais plus lequel je devais prendre. Je ne savais plus où je devais aller. Du bout du quai, je l’ai vu arriver. Je pensais que c’était le bon. Puis, je ne savais plus. Comme il ralentissait, je me disais «Je dois me préparer à embarquer» Puis, je regardai les portes. Laquelle était la bonne ? Je ne savais plus. Il me semblait toujours que c’était celle qui venait de me passer sous le nez. Puis, le train s’est arrêté. Je suis restée immobile à regarder la porte et mes pieds. À regarder encore la porte et mes pieds. Je n’arrivais pas à savoir laquelle était la bonne. Les portes se sont refermées. Le train commençait à repartir. Et comme je n’étais toujours pas embarquée, j’ai alors cru que ce n’était pas le bon, tout comme les trois trains précédents que j’avais vu arriver et partir sans bouger. Mais, si celui-ci était le bon? Qu’allait-il se passer? Ma respiration était courte. L’air était difficile à trouver. Mes yeux étaient inondés de peurs, de déception et de culpabilité. Je ne bougeais pas. Je ne respirais pas trop non plus. Je n’étais qu’une ombre, une ombre de moi, l’ombre de mes aspirations déchirées. J’étais devenue sans trop m’en rendre compte, une passagère qui ne savait plus où elle devait aller pour faire quoi et être qui pour quelle raison qui était de toute façon écrite où et par qui ?

C’est à ce moment précis que je constatai que mon rire ne riait plus, que mon désir ne se faisait plus sentir, j’étais envahie par le sentiment d’avoir vendu ma vie. Parce que le temps qui composait ma vie était occupé par du vide. Du vide passé sur trop d’autoroutes étroites, occupées par trop de gens pressés. Du vide dans mes yeux qui ne voyaient que de l’eau. Ça donne un effet déformé à tout ce que je regardais même lorsque mon regard se déposait sur mon mari et sur mes enfants. C’est pourquoi tant de culpabilité. Comment ai-je pu me rendre là ? Me rendre au point où je regarderais ma famille sans y voir cette si belle lumière qui y jaillissait et sans pouvoir y porter une meilleure attention.

Tout à coup, je reviens à moi; un train arrive. Le train s’arrête. Le train passe. Et j’accepte de le laisser partir. Une petite lueur d’espoir me dit que je saurai sûrement dans lequel embarquer après avoir bu un bon café… Un deuxième café et après avoir médité, après avoir dormi, puis après m’être déposée pour retrouver l’amour de moi, l’estime de moi, la confiance en moi qui s’étaient envolés je ne sais trop quand. Peut-être que je dois d’abord retrouver mes valeurs et mes priorités. Peut-être que c’est après avoir médité à nouveau. Je me suis dit que je le saurai probablement après quelques sorties avec des amies fantastiques et après avoir lu 1, 2, 3, 4, 5 ou 6 excellents livres pour nourrir mon esprit. Enfin, je comprends que ce n’est qu’après avoir retrouvé le sourire, la joie de vivre et l’espoir qui m’habitaient pour reprendre confiance en la vie et la chérir à nouveau que je saurai dans quel train m’embarquer.

Qu’est-ce qu’on fait pendant son arrêt de travail ? Comment on se sort de l’épuisement professionnel ?

img_1661-e1474046502371-224x300Vous allez me demander, sérieux qu’est-ce qu’on fait pendant son arrêt de travail? On commence par faire des téléphones et on accepte de pleurer en ligne avec un inconnu parce que c’est juste comme ça qu’on est pour le moment. Oui, on fait des téléphones, c’est en mode survie qu’on fait nos démarches. On commence par le dossier d’assurance salaire, besoin de sécurité financière. On se cherche et on se trouve un(e) psychologue qui fait partie du programme d’aide aux employés (PAE) si vous en avez un sinon vous allez visiter l’Ordre des psychologues, besoin de support psychologique. Vous allez aussi appeler votre ami(e), une personne de confiance pour vous sortir un peu, besoin de sociabiliser et d’être entourer de plaisir (même si on nage pas dans le plaisir, ça aide quand même). Quand je suis sortie du bureau de mon médecin, j’avais un certificat médical et une prescription en poche. J’ai donc mis ces trois choses au coeur de mon horaire en accordant une attention particulière au repos et en ne me mettant aucune pression de performance relié à la reprise de mes activités physiques. J’ai commencé par marcher seule dans le quartier, puis je suis allée dans des endroits plus inspirants comme sur le bord du fleuve ou le Vieux-Québec avec une amie. Mon médecin m’a prescrit de l’exercice physique et ma psychologue de l’exercice mentale. J’ai essayé plusieurs choses: la méditation, la cohérence cardiaque, l’écriture, la lecture et le bricolage. Il faut que je vous raconte mes premiers pas avec la méditation. Pour commencer, on m’a suggéré de me trouver une place confortable. J’avais juste envie d’être allongé au soleil. Le seul endroit dans la maison où j’avais accès au soleil c’était devant la porte patio. Pour m’y allonger, je devais vraiment m’étendre sous la table de la cuisine. Ouin ! Sous la table, mon mari a trouvé ça vraiment bizarre, mais tout ce que je voulais c’est sentir la chaleur douce et réconfortante du soleil. C’était juste la seule place où j’étais bien! J’ai installé mon iPad sur la table et j’ai suivi la méditation guidée jusqu’à ce qu’elle s’arrête. Hein ! j’étais presque endormie. Je me lève pour regarder mon iPad, la batterie peut-être. Et je lis : Attention votre iPad a atteint une température trop élevée!!! Mon iPad était en train de fondre au soleil. Oups ! Dix minutes au frigo et tout était revenu. Fiou ! Tout ça pour dire que vous avez peut-être pensé que pendant qu’une personne est en arrêt de travail elle met son cerveau à off, elle reprend son retard dans ses séries télé préférées ou bien elle dort toute la journée. Bref, elle se paie de belles vacances sur le dos des assurances collectives du bureau, vous vous trompez royalement. Dans la réalité quand on traverse un épuisement professionnel soit on est en RDV chez nôter psychologue, soit on reçoit l’appel de nôter assureur qui veut être certain qu’on n’utilise pas notre stress pour prendre un congé payé et on essai de faire de notre mieux pour prendre du temps pour se comprendre et se retrouver. Pour résumer le travail à faire c’est

  • Envoyer promener les sentiments qui nous rongent et qui ne sont pas aidants (Culpabilité, colère, impuissance…),
  • Faire fuir la tentation de vouloir savoir ce qu’on pense de nous parce qu’on est en arrêt de travail (Rendu là, si ça nous travaille, on doit se rendre à l’évidence qu’on a un ménage à faire par rapport à l’importance qu’on accorde au regard des autres. Tout ce qui compte c’est d’aller mieux! Pis ceux qui jugent, ils devront un jour ou l’autre travailler leur empathie. Laissons-les vivre leur expérience)
  • Accepter et accueillir notre situation (Quand bien même qu’on voudrait, c’est ça qu’on vit on peut toujours résister, mais ça n’aidera pas à s’en sortir. Choisir d’avancer ça passe par l’acceptation et l’accueil de cet état pour le transformer en autre chose)
  • Faire de son mieux et prendre soin de soi (Sans pression, simplement prendre le temps de se connecter à soi-même et de reconnaître son besoin «Ici et maintenant» puis le faire. Ma psychologue me l’a assez répété, ça rentré!)
  •  Commencer à envisager la vie qu’on souhaite (Simplement prendre conscience de ses valeurs, de ses priorités, de ses limites et de se redonner espoir qu’on va revenir à soi)
  • Tranquillement reprendre la vie sur de nouvelles bases (Prenez des notes sur les repères que vous avez maintenant et qui vous permettent de dire, ok, c’est assez! et écoutez-les!)

En conclusion

Alors oui, je me suis arrêtée et j’ai laissé passer le train à contre coeur. J’ai vécu les ressentiments qui viennent avec. Et comme on ne cessait de me répéter de me déposer. J’ai fait plusieurs tentatives pour finalement me déposer. Je me suis retrouvée et repris confiance en mes moyens avec une connexion plus vivante que jamais avec mes valeurs, mes forces et mes priorités. Quand on m’a dit: «Tu vas voir ton arrêt comme un cadeau.» Ça réveillait de la colère en moi. Quoi ? Je braille ma vie et je devrais voir ça comme un cadeau. On me connait comme une femme positive, optimiste et débordante d’enthousiasme, mais là, je n’en pouvais plus! Aujourd’hui, je sais que c’est un cadeau. Une chance d’avoir pu prendre le temps de mettre au coeur de ma vie ce qui me ressemble et qui me convient vraiment, pour mon couple et mes enfants aussi. Je termine en sollicitant votre empathie et votre compassion envers ces personnes qui doivent prendre un temps d’arrêt. C’est la meilleure chose qui pouvait leur arriver même s’ils ne voudront pas l’entendre ou qu’ils ne pourront pas le croire. On pourrait même aller plus loin et penser à la prévention dans nos milieux de travail. Si nous utilisions notre empathie pours donner une petite tape dans le dos à nos collègues pour les encourager alors qu’ils ne semblent pas être à leur meilleur au lieu de les critiquer ou de les juger ça pourrait sûrement aider. L’empathie et la gentillesse comme prévention à ce fléau, je trouve que ça fait du sens. Qu’on se passe le mot !

Juste de même: On ne dispose pas de statistiques précises sur l’épuisement professionnel. Tout de même, la plus récente enquête de Statistique Canada (2010 selon ma recherche) révèle qu’un travailleur québécois sur quatre déclarent vivre un degré élevé de stress au quotidien. Dans certains milieux de travail, des études ont montré que ce taux peut grimper à 1 travailleur sur 2. Ça fait beaucoup de personnes stressées et beaucoup d’impacts sur les familles du Québec.

La prescription du coach pour nourrir votre estime de soi vous attend sur LA FAMILLE DE MA VIE

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